Language :

About this notice

Organization
Domaine public
collection :
Livres divers du domaine public 
item :
Le père Goriot

Author : Balzac de , H [author]

Level : Item  / Reference : Balzac_062

balzac_le_pere_goriot_Page_061.jpg - Le père Goriot

Full text version - balzac_le_pere_goriot_Page_061.jpg

View the image

Le père Goriot
n'arrive à l'absurde. L'homme en gants et à paroles jaunes a commis des assassinats où l'on ne verse pas de
sang, mais où l'on en donne ; l'assassin a ouvert une porte avec un monseigneur : deux choses nocturnes l
Entre ce que je vous propose et ce que vous ferez un jour, il n'y a que le sang de moins. Vous croyez à
quelque chose de fixe dans ce monde—là l Méprisez donc les hommes, et voyez les mailles par où l'on peut
passer à travers le réseau du Code. Le secret des grandes fortunes sans cause apparente est un crime oublié,
parce qu'il a été proprement fait.
Silence, monsieur, je ne veux pas en entendre davantage, vous me ferez douter de moi—même. En ce
moment le sentiment est toute ma science.
A votre aise, bel enfant. je vous croyais plus fort, dit Vautrin, je ne vous dirai plus rien. Un dernier
mot, cependant. ll regarda fixement l'étudiant : Vous avez mon secret, lui dit—il.
Un jeune homme qui vous refuse saura bien l'oublier.
Vous avez bien dit cela, ça me fait plaisir. Un autre, voyez—vous, sera moins scrupuleux.
Souvenez—vous de ce que je veux faire pour vous. je vous donne quinze jours. C'est à prendre ou à laisser.
Quelle tête de fer a donc cet homme l se dit Rastignac en voyant Vautrin s'en aller tranquillement, sa
canne sous le bras. ll m'a dit crùment ce que madame de Beauséant me disait en y mettant des formes. ll me
déchirait le coeur avec des griffes d'acier. Pourquoi veux—je aller chez madame de Nucingen 7 ll a deviné
mes motifs aussitôt que je les ai conçus. En deux mots, ce brigand m'a dit plus de choses sur la vertu que ne
m'en ont dit les hommes et les livres. Si la vertu ne souffre pas de capitulation, j'ai donc volé mes soeurs 7
dit—il en jetant le sac sur la table. ll s'assit, et resta la plongé dans une étourdissante méditation.- Etre fidele à
la vertu, martyre sublime l Bah l tout le monde croit à la vertu ; mais qui est vertueux 7 Les peuples ont la
liberté pour idole ; mais où est sur la terre un peuple libre 7 Ma jeunesse est encore bleue comme un ciel
sans nuage : vouloir être grand ou riche, n'est—ce pas se résoudre à mentir, plier, ramper, se redresser, flatter,
dissimuler 7 n'est—ce pas consentir à se faire le valet de ceux qui ont menti, plié, rampé 7 Avant d'être leur
complice, il faut les servir. Eh bien l non. je veux travailler noblement, saintement ; je veux travailler jour
et nuit, ne devoir ma fortune qu'à mon labeur. Ce sera la plus lente des fortunes, mais chaque jour ma tête
reposera sur mon oreiller sans une pensée mauvaise. Qu'y a—t—il de plus beau que de contempler sa vie et de
la trouver pure comme un lis 7 Moi et la vie, nous sommes comme un jeune homme et sa fiancée. Vautrin
m'a fait voir ce qui arrive apres dix ans de mariage. Diable l ma tête se perd. je ne veux penser à rien, le
coeur est un bon guide.
Eugene fut tiré de sa rêverie par la voix de la grosse Sylvie, qui lui annonça son tailleur, devant lequel il
se présenta, tenant à la main ses deux sacs d'argent, et il ne fut pas lâché de cette circonstance. Quand il eut
essayé ses habits du soir, il remit sa nouvelle toilette du matin qui le métamorphosait completement.- je vaux
bien monsieur de Trailles, se dit—il. Enfin j'ai l'air d'un gentilhomme l
Monsieur, dit le pere Goriot en entrant chez Eugene, vous m'avez demandé si je connaissais les
maisons où va madame de Nucingen 7
Qui l
Eh bien l elle va lundi prochain au bal du maréchal Carigliano. Si vous pouvez y être, vous me direz
si mes deux filles se sont bien amusées, comment elles seront mises, enfin tout.
Comment avez—vous su cela, mon bon pere Goriot 7 dit Eugene en le faisant asseoir à son feu.
II. L'entrée dans le monde
Many thanks to the following sponsors